vendredi 25 mars 2016

Je n'aime pas...



Je n'aime pas que l'on écrive "je vous aime" comme si cette phrase s'adressait à tous ceux qui sont susceptibles de la lire. Bien sûr, c'est une manifestation d'émotion, pétrie de bonnes intentions, et certainement très sincère, mais je préférerais qu'on écrive par exemple "je suis solidaire".

Utiliser "aimer" de façon aussi générale, sur un mur matériel ou non, c'est affaiblir ce merveilleux verbe, c'est voler de la ferveur à ceux qui l'utilisent accompagné de son objet précis pour traduire une certaine intensité de sentiment. Aimer implique de connaître, peu ou prou, mais plutôt prou.

Le nombre de gens que je n'aime pas est bien plus grand que celui de ceux que j'aime, et c'est assez heureux pour ma santé psychique. Je ne les aime pas soit de façon passive, parce que je n'ai jamais été en contact d'aucune façon avec eux, soit de façon active, parce que ce que j'en connais me déplaît. Pour illustrer le propos, je n'aime pas les membres des partis qui prônent en permanence un affaiblissement de l'appareil de l'Etat et/ou mettent cette idée en pratique (ça fait beaucoup de partis, dans le fond), mais se scandalisent quand cet affaiblissement a des effets funestes. Je pourrais me contenter de ne pas aimer ces partis, mais non, je n'aime pas leurs membres, car sans membres, ces partis n'existeraient pas.

Je n'aime pas non plus qu'à l'étranger ou même ici, on dise "j'aime les belges". L'appellation "les belges" recouvre aussi bien les innombrables gens sympathiques que les bataillons de désagréables.

Je n'aime pas être uni en tant qu'objet d'amour à (par exemple) Bart De Wever. 

vendredi 26 février 2016

Un pavé de l'enfer sans doute


Imaginons que je sois un gros facho (je sais, c'est difficile...).

Je cherche le moyen que mon opinion xénophobe et haineuse soit diffusée le plus largement possible. Que fais-je?

D'abord, je bave dans les colonnes d'un torchon.

Ensuite, on vient me tendre un micro pour me demander si je confirme mes dires. Je les répète, en un rien plus subtil, je ne suis pas con quand même.

Du coup, ce ne sont plus quelques petits fachos qui se trouvent confortés par mes paroles, mais des tas et des tas de petits fachos ordinaires qui vont se sentir davantage autorisés à tenir le même genre de propos au marché, au café du commerce, sur les réseaux sociaux...

Les médias, c'est génial!

Et le droit à l'information, alors!

On peut rapporter les paroles des gens sans nécessairement leur donner une tribune.

Ben, et si ces paroles ont été "retirées de leur contexte".

Dans ce cas, le gros facho n'a qu'à attaquer le torchon...




















vendredi 18 décembre 2015

Charlot, jaloux de Mourinho (épisode 7)




Une Ministre : Hé, Charlot, regarde la chouette carte de voeux que j'ai trouvée pour Koen !




Charlot : Jacqueline...

mercredi 16 décembre 2015

SHAME


- Professeur, que vous inspire le sondage publié ce matin dans la Libre? 

- De l'espoir. Un énorme espoir. Celui que peu de réfugiés sachent déjà lire le français.

lundi 14 décembre 2015

La vita e bella


Humain 1- Dis, fabuleux dimanche, hein ! Deux bonnes nouvelles en un seul jour !

Humain 2 - Ah bon?

H 1 - D'abord le score du FN en France: que 27 % ! Et Marion en PACA ! Que 46 % !

H 2 - Pas possible ! Que 46 %? Tu me charries...

H 1 - Non non, que 46 %, je te jure !

H 2 - DingueL'autre bonne nouvelle, ça, je sais, c'est la COP 21.

H 1 - Bien sûr, mais surtout un aspect très précis de l'accord. L'aviation.

H 2 - Quoi l'aviation... Ne me dis pas...

H 1 - Si !

H 2 - C'est pas possible....

H 1 - Si, je te jure : l'aviation n'est pas reprise dans l'accord. 

H 2 - Génial ! On va pouvoir continuer à militer pour le climat via les carottes bio et les promenades en vélo sans se priver des promotions de Ryanair. Fabuleux dimanche en effet !




mardi 8 décembre 2015

Charlot fait de la science politique (épisode 6)


Charlot : Allo papa, avec ces résultats de dimanche soir, je viens de me rendre compte d'un truc dingue.

Big L : Parle, Charlot, papa t'écoute.

Charlot : Hé bien leur système électoral, aux régionales françaises, il est incroyable. C'est un mix entre proportionnel et majoritaire. En gros, quand tu gagnes au second tour, tu reçois d'office un quart des sièges, et le reste est réparti selon les résultats.

Big L : Et qu'est-ce qui te tripote là-dedans?

Charlot : Ben tu te rends compte qu'avec ce mode de calcul, un parti peut obtenir la majorité avec environ 33 % des voix. Et je ne compte même pas tous ceux qui ne votent pas... Seul au pouvoir avec 33 % des voix! C'est dingue !

Big L : Charlot, on va parler d'autre chose...

Charlot : Mais enfin, papa, qu'est-ce que j'ai dit? 33%, c'est quand même d........ Oups... Désolé...


mercredi 25 novembre 2015

Bad The Weather (épisode 13) : onfatsoenlijkheid


Bad The Weather : Mac, quand même, torpiller cette idée d'unité nationale, dans un momentum pareil, je me demande si ce n'est pas un peu osé...

Mac Jawel : Mais non, au contraire, Bad. Passer son temps à saper les bases de l'Etat et profiter d'un climat d'insécurité pour fustiger sa fragilité, c'est une recette infaillible. Tous les fascistes de l'histoire l'ont éprouvée à un moment ou à un autre!

Bad The Weather Fasciste! Fasciste! Ferdoume, Mac, je suis tolérant, mais là, tu y vas trop fort! 

Mac Jawel : Bad, allez... avec tout le monde si tu veux... mais pas avec moi...

Bad The Weather : Heu... désolé...

lundi 16 novembre 2015

Ordinaire...

Il y a trois semaines, un dimanche matin, sur un marché aux puces proche d'une caserne remplie de réfugiés. Un brocanteur, à voix très haute, se gausse d'un réfugié qui lui demandait un prix, prend les gens à témoins, «Qu'est-ce qu'ils croient ? Qu'on va brader pour eux alors qu'ils nous volent? Je ne suis pas raciste, mais moi, je te les mettrais dehors à la Kalachnikov». Kalachnikov, je vous le jure…
A voix tout aussi haute, j'ai dit aux gens « N'écoutez pas ce délire, c'est scandaleux ». Un couple m'a approuvé, on s'est éloignés. Et le brocanteur de me crier de loin « Toi, va donner ta boucle d'oreille aux petits riens ». On en riait encore à l'apéro.

Ce dimanche 15 novembre, dans une bourse aux vêtements. Trois dames de 50-60 ans conversent devant un étal. « Il y a des réfugiés qui crachent sur les gens ». « Ils peuvent déjà être contents d'être ici ». « Et vous allez voir, y en a parmi eux qui sont djihadistes ». Elles ne me parlaient pas, et pourtant, je leur ai dit à haute voix : « C'est honteux, ce que vous racontez ». Une des trois dames m'a regardé comme une gosse prise sur le fait, et s'est éloignée des deux autres. Qui ont continué leur conversation sans même se retourner. Ce jour-là, bien sûr, on n'en a pas rigolé à l'apéro. Mais comme trois semaines auparavant, j'ai éprouvé un minuscule, mais agréable sentiment d'autosatisfaction.

La xénophobie ordinaire, la crédulité ordinaire, la bêtise ordinaire. Peut-être que ça ne changera pas beaucoup le monde de réagir à chaque fois qu'on les rencontre. Mais ça rend fier de soi. A peu de frais finalement...


vendredi 30 octobre 2015

Charlot en plein doute existentiel (épisode 5: épicène de ménage)


Charlot : Allo papa, j'ai une question existentielle à te poser.

Big L : Papa écoute.

Charlot : Hé bien voilà : en politique, qui est-ce qui vous amène le moins d'emmerdes, les cons ou les salauds? 

Big L : Papa ne comprend pas vraiment la question. Explicite, Charlot.

Charlot : Hé bien voilà: je me suis allié avec la NVA, parce que ce sont de purs salauds. Je me disais qu'ils allaient concentrer l'attention de l'opposition et que ça compenserait largement les petits désagréments. Or, depuis le début, c'est à propos des cons de mon propre parti que l'opposition me cherche le plus de poux. 

Big L : Papa comprend mieux. La réponse me semble contenue dans la question. 

Charlot : Il vaut mieux les salauds?

Big L : Ben oui. D'autant...

Charlot : D'autant?

Big L : D'autant que souvent, quand ils se sentent coincés, les cons deviennent aussi salauds... 



mercredi 21 octobre 2015

Poujadiste....


Le Professeur Ponchau tient à remercier vivement le PS de lui avoir offert deux bijoux à l'occasion de son anniversaire :

Muriel Targnion, nouvelle bourgmestre de Verviers, souligne le fait que sa majorité est identique à celle en place en Wallonie et en Fédération Wallonie-Bruxelles, "ce qui permettra d'obtenir des aides bien nécessaires à la ville". 

Laurette Onkelinx, chef de groupe à la Chambre, aux écologistes : "Vous avez donné l'impression que les parlementaires étaient des paresseux qui prenaient trois mois de congé". Et ensuite : "Avec le MR, nous pouvons être des adversaires politiques, mais nous pouvons aussi ensemble défendre la démocratie contre le poujadisme".

Cadeaux empoissonnés, bien sûr, car en ce jour solennel ne peut que se poser cette question existentielle : que va-t-on faire du reste de notre vie si pour se foutre du monde, il suffit dorénavant de le citer?