mercredi 18 mai 2016

The fine red line j'enfonce le clou



Un lecteur avisé (ce qui est quand même la preuve que ce blog a au moins un lecteur) nous fait remarquer que si les enseignants peuvent perdre 11.000 € de pension par an, c'est que leur pension doit être bien élevée. Comme nous devrions tous l'être.

Hé bien oui, Cher Ami, le PS déclare même dans son intervention indignée que cela représente entre 11 et 23,6 % de la pension annuelle des enseignants (mais précise comme tous les ministres retors que c'est un calcul de l'administration). Celui qui perdrait 23,6 %, c'est donc le plus pauvre, il toucherait comme pension à ce jour  46 610 € par an. Soit plus que son dernier salaire annuel. La loi sur les pensions précisant qu'il n'est pas autorisé pour les fonctionnaires de toucher plus de 75 % de leur dernier salaire. 

Le plus riche, celui qui ne perd que 11 %, toucherait actuellement 100 000 € de pension. Soit un peu moins du double de son dernier salaire. Le Lotto-varices, ou une pub pour attirer les jeunes vers le métier?

L'avantage du PS, c'est le nombre. Une sorte de chorale. Il y a les ténors, il y a les autres, mais c'est en plein respect réciproque, puisque c'est le bien du peuple qui est en jeu. Quand un ténor craint de dire une connerie, il ne la dit pas, il demande à un autre de la dire. 

Frédéric est un bon client pour ça, il croit que l'intelligence est héréditaire, alors que si c'était vrai, il serait bourré à chaque interview. 

Ceci dit, il faut féliciter le PS de faire bon usage de ses éléments faibles. Au MR, on doit en faire des ministres ou des chefs de groupe. 

mardi 17 mai 2016

The fine red line


"Le parti socialiste regrette que le gouvernement s'en prenne une nouvelle fois aux gens qui travaillent".

Purée, que c'est beau! "S'indigne" l'eût été encore plus, mais bon...

Ca concerne une mesure qu'on aime bien, sur ce blog, la réduction des tantièmes utilisés pour calculer l'ancienneté pension de certains fonctionnaires, dont les enseignants. C'est technique, ne nous attardons pas là-dessus, on cause COM, avec un M, disons simplement que le PS s'en prend à la réduction des tantièmes de 1,045 en moyenne à 1,000 envisagée par Daniel B, l'anaconda ministre des pensions. 

Et de recourir à l'héritier du roi de la calculette, Frédéric Daerden, qui déclare: "Concrètement, un enseignant devra travailler 2 ans de plus pour toucher... 11.000 € de pension en moins chaque année." Bien placer les trois points est un truc essentiel en communication politique.

Le 13 décembre 2012, le Gouvernement Di Rupo a fait voter une loi qui réduisait les tantièmes de 1,09 à 1,045 en moyenne. Pas besoin de la calculette au gros rouge pour constater que la mesure est mathématiquement identique, et que l'effet doit donc être le même. Faisons confiance au PS, il sait calculer quand il veut.

Mais quand on est dans trop de gouvernements à la fois, comme en 2012, même l'armée mexicaine dont on dispose dans l'administration ne suffit sans doute plus. Il ne devait plus y avoir personne pour calculer... 

Et pour communiquer, pas besoin de chiffres, Elio était là:  "C’est une question de bon sens", considère le Premier ministre, "des mesures doivent impérativement être prises pour faire en sorte que, progressivement, chaque personne qui a entre 50 et 60 ans travaille plus longtemps qu’aujourd’hui"  (14 février 2012)

Souvent, sur ce blog, on fustige le rejet de la politique. Mais il y a des jours où c'est plus difficile que d'autres.

jeudi 12 mai 2016

Pas crocodile: crotale!


Continuant notre exploration des tortuosités les plus sombres de l'âme humaine, nous allons encore nous intéresser à Daniel. L'exercice d'aujourd'hui :  une réponse à deux questions parlementaires sur les pensions.
Nous exposons les questions par rigueur scientifique, mais la réponse nous intéresse davantage , et nous soulignons certains passages selon un code de couleurs choisi de façon parfaitement aléatoire:
- orange: hypocrisie;
- rouge: manipulation;
- bleu foncé: mensonge;
- bleu clair: foutage de gueule;
- gris : invérifiable;
- blanc: évidence;
- jaune: le non-dit.

6 Questions jointes de
- M. Frédéric Daerden au ministre des Pensions sur "la rencontre du ministre avec les ministres en charge de l'enseignement" (n° 11322)
- M. Georges Gilkinet au ministre des Pensions sur "la réunion du ministre avec les ministres de l'Enseignement" (n° 11444)
06.01 Frédéric Daerden (PS): C'est une question qui porte sur votre rencontre, monsieur le ministre, avec les ministres en charge de l'Enseignement au début du mois de mai, réunion où, selon ce qu'on a pu lire, des thèmes liés à l'aménagement de fin de carrière et à la pénibilité ont été abordés. Quel est le contenu de ces négociations au-delà de ce que la presse a pu en dire? Un timing est-il prévu pour vous revoir et pour aller plus loin dans ces thèmes et ces diverses négociations?
06.02 Georges Gilkinet (Ecolo-Groen): Monsieur le ministre, sur le même objet, comme vous l'avez annoncé préalablement, vous avez rencontré, le lundi 2 mai dernier, les ministres de l'Enseignement des trois Communautés. En effet, les différentes réformes intervenues en matière de pension ont des conséquences très lourdes sur les conditions d'accès des enseignants aux mesures de fin de carrière, la DPPR pour ce qui concerne la Fédération Wallonie-Bruxelles. C'est quelque chose que nous dénonçons dès lors que petit à petit, ce sont les droits à une fin de carrière digne et "assumable" pour les enseignants qui sont remis en cause, avec des droits acquis qui sont bousculés et des conséquences financières importantes pour les intéressés.
Ces discussions avec les entités fédérées sont donc nécessaires et utiles et doivent déboucher sur des aménagements spécifiques. Voici dès lors mes questions. Quelles sont les questions et revendications qui ont été mises sur la table par les trois ministres?
En fonction des réformes déjà introduites, quel est l'âge minimum actuel d'accès des enseignants francophones à la DPPR? 
06.03 Daniel Bacquelaine, ministre: Monsieur le président, chers collègues, j'ai en effet invité les trois ministres de l'Enseignement à me rencontrer afin de les informer des mesures relatives aux pensions du secteur public décidées à l'occasion du dernier contrôle budgétaire du mois d'avril.
Deux réformes ont fait l'objet d'une attention particulière au cours de cette réunion. Il s'agit, d'une part, de l'harmonisation de la bonification pour diplôme pour le calcul de la pension et, d'autre part, de la suppression des tantièmes préférentiels liés à la prise en compte de la pénibilité dans la détermination des droits à la pension. Les préoccupations principales des ministres de l'Enseignement portaient sur la préservation des droits acquis et sur la poursuite du dialogue avec les entités fédérées.
En ce qui concerne les droits acquis, j'ai pu indiquer que les enseignants bénéficieraient encore gratuitement de la bonification pour diplôme pour la carrière prestée avant l'entrée en vigueur des nouvelles dispositions. Par exemple, un enseignant justifiant d'un diplôme de 4 ans et ayant déjà effectué les trois-quarts de sa carrière bénéficiera gratuitement de la bonification pour 3 années de son diplôme.
Dans la même logique, j'ai précisé que les tantièmes préférentiels comme je l'ai dit tout à l'heure demeureraient acquis pour toute la période précédant l'entrée en vigueur des nouvelles dispositions liées à la prise en compte de la pénibilité.
Quant au dialogue avec les entités fédérées, il a été convenu qu'il se poursuivrait tant au niveau de la commission Secteur public du Comité national des Pensions, qu'au niveau du Comité A où elles sont représentées.
La réunion s'est déroulée dans un climat constructif, ce que d'ailleurs les ministres ont déclaré à l'issue de la réunion.
Pour répondre à la question de M. Daerden sur l'état d'avancement des négociations, je vous informe que les réformes relatives à la pénibilité et à la bonification pour diplôme sont actuellement en discussion au Comité national des Pensions. Les avant-projets de loi mettant en œuvre ces réformes seront par la suite soumis au Comité A pour ce qui concerne le secteur public.
Aucune nouvelle rencontre avec les ministres de l'Enseignement n'a été planifiée. Il est évident que je suis disposé à les rencontrer à nouveau si nécessaire. C'est d'ailleurs la seconde fois que je rencontrais les ministres de l'Enseignement pour évoquer les réformes de notre système de pension.
Pour répondre aux questions plus spécifiques de M. Gilkinet, je tiens à apporter deux précisions. Vu que les discussions sur la prise en compte de la pénibilité sont actuellement toujours en cours au Comité national des Pensions, je n'ai pris aucun engagement quant à une reconnaissance du métier d'enseignant parmi les métiers pénibles.
Nous en avons discuté mais je n'ai pas pris d'engagement par rapport à cela puisque je ne souhaite pas court-circuiter les travaux du Comité national des Pensions. Cela ne signifie pas que je considère a priori comme le font certains que la fonction d'enseignant ne soit pas pénible. Il convient cependant de ne pas perturber la concertation sociale en cours.
L'âge minimum d'accès à la DPPR en Communauté française relève de la compétence du gouvernement de la Communauté française. Pour votre information, il est actuellement de 55 ans pour les enseignants qui poursuivent une activité à temps partiel et de 58 ans pour ceux qui interrompent leur activité.





























































































































Habit sale, non?

mardi 3 mai 2016

La bombe à fragmentation



Les pédagogues, c'est une race qui finalement agace un peu tout le monde, à part quelques masochistes qui ont pris un plaisir énorme sur les bancs d'école (mais quand on creuse un peu, on se rend compte que c'est plus souvent les petits avions, les boules de buvard au plafond ou les jambes poilues dessinées sur le bureau du prof qui les font nostalgier sur la chose scolaire).

Arriver avec un exercice pratique aussi rapidement après s'être perdu dans des grandes réflexions à la noix, il y a quelques jours, ça peut vous faire finir aux yeux des potaches avec un entonnoir sur la tête. Entonnons quand même. 

Le thème du jour, c'est: ne pas mettre tous les politiques dans le même panier, c'est aussi se défendre des plus malins.

Prenons cette tête-ci:

Avant, cette figure débonnaire m'inspirait juste un des "Monsieur et Madame ont une fille" les plus stupides de l'histoire du genre: Shirley. 

Mais ces derniers temps, plus particulièrement depuis qu'il s'occupe des pensions, Bacquelaine me fait vachement moins rire. Daniel, pour les intimes, c'est la mouvance Reynders, cette race de crocodile auquel on aurait greffé le cerveau de Machiavel. 

Y a un principe de base quand on décide de se mêler au débat politique: il faut toujours partir du principe que la personne en face de vous est intelligente. Si elle ne l'est pas, tant mieux pour vous, si elle l'est, vous ne péchez pas par présomptuosité et risquez moins l'effet de surprise.

Partons donc du principe que Daniel a un objectif précis, la diminution  du coût des pensions,  et qu'il a mis en place une stratégie pour y arriver, la fragmentation. 

Le principe est assez simple au fond : plutôt que d'amener une réforme en une fois qui va vous valoir plus de goudron et de plumes que les deux JJ réunies, vous créez un système de mesures successives qui s'accumulent tout en s'influençant l'une l'autre pour d'abord se stabiliser à long terme (ce qui est important quand on sait qu'on ne restera peut-être pas très longtemps au pouvoir, avec si peu de voix francophones) , et si on peut les amplifier par une dernière cartouche, je sais pas moi, la suppression des tantièmes, c'est le bonheur.

Daniel vise tout le monde, mais sa cible privilégiée, c'est les enseignants. Les enseignants, tout le monde sait qu'ils ont trois mois de vacances, et que c'est super simple de gérer 20 moutards de 4 ans au quotidien quand on en a 58. N'en faisons pas nous-mêmes des martyrs, ils ne le demandent pas, puisque dans cette réforme, tous les petits n'en seront pas morts, mais tous seront frappés. 

Avantage de la méthode, on embrouille tout le monde, donc, on peut dire "les droits acquis seront préservés" alors que la notion de droits acquis n'a plus aucun sens, et surtout pas le même que celui des travailleurs. 

Désavantage de la méthode, dans tout le monde embrouillé, il y a aussi sa propre Administration. L'oeuf nécessaire à l'omelette.

Si ce petit texte vous a intéressé, la suite viendra plus tard. L'amorçage, c'est un truc de marchand de tapis ou de distributeurs de brochures prosélytes, ça sert bien sûr en politique...mais aussi en pédagogie... 











samedi 30 avril 2016

Raoul casse trop


Dans mon jardin, il y a un magnolia. C'est un arbre amusant: c'est vraiment beau pendant une semaine, après, ça perd ses feuilles qui viennent pourrir sur le carré potager, il faut vite les foutre dans le compost pour que ça n'empêche pas les épinards de pousser, et après, ça a une seule et unique vertu: c'est là, ça dérange pas, et comme les feuilles sont petites, ça ne fait pas beaucoup d'ombre.

Raoul Hedebouw et le PTB, c'est un peu ça. Tiens, je me demande soudain pourquoi j'ai mis "et" plutôt qu'une virgule.

Il a des côtés sympas, Raoul. Bon client de Matin Première. Un service d'études impressionnant vu les moyens qu'on peut lui supposer. Semaine de floraison.

Mais il y a aussi ces contradictions internes qui tantôt amusent -les relents staliniens désuets- tantôt fâchent - le racolage éhonté au nom de la pureté, ou comment faire pire que ce qu'on prétend dénoncer.

Raoul dénonce l'âge et le montant de la retraite des parlementaires dans de grandes envolées qu'il aimerait à la Danton et qui sont plutôt du Robespierre. Si vous n'avez pas entendu parler de ça, allez lire cet article de l'Echo:  
  
http://www.lecho.be/dossier/sdla_pension/L_age_de_la_retraite_des_deputes_n_est_plus_tenable.9760867-7077.art?ckc=1

C'est marrant, hein! C'est parait-il une initiative de Hedebouw, et le premier dont on parle dans l'article, c'est le bien nommé Siegfried Bracke, un des fachos de la NVA. 

Je vous propose un autre exercice; vous allez sur la page Facebook de Raoul, là où y a la vidéo qui le rend si fier, vous faites un copier des commentaires des lecteurs, et vous allez coller sous certains articles du site de Modrikamen ou de la page Facebook de Laurent Louis. Caramba, ça marche! 

Chute des feuilles. Poujadisme de bas étage (non, ce n'est pas un pléonasme, on est vraiment à la cave). Surfer sur la vague antipolitique pour se faire le plein de voix, Raoul, Raoul, tu vaux mieux que ça!

Allez, tu aurais pris comme point d'appui le salaire éhonté de nos représentants politiques, histoire de faire pisser de rire les vrais puissants de ce monde qui du haut de leur nuage doré contemplent amusés des pitreries de schtroumphs... 

Hé, on est d'accord sur beaucoup de trucs, hein, une plus juste égalité salariale, le respect de tous les travailleurs, une taxation plus rude des gains qui ne requièrent aucun travail. Mais à trop surfer, tu passes à côté des vrais requins. 

C'était pas idiot d'aborder la question des pensions à partir du point de vue des parlementaires. Mais quand on veut jouer à la fois les justiciers et les aspirateurs à voix, on loupe l'essentiel.

A l'inverse du commun des mortels, les politiques, la retraite, ça leur fait peur. Plus de photographes, plus de gazettes, plus de feux de la rampe. le vide. L'autre jour, un ami me parlait de Joseph Michel. Non non, Raoul, ce n'est pas encore un frère à caser, c'est une figure historique, le père des fusions de communes. né en 1925. Et il parait qu'il vient seulement de quitter son dernier mandat...

C'est comme ça, les politiques. Quand ça décroche, soit ça déprime, soit ça écrit des mémoires qui finiront noyées sous la poussière de bibliothèques communales mal entretenues, par compression de personnel.

Alors, le vrai problème, tu passes à côté. Ce n'est pas seulement que les politiques sont mal placés pour décider seuls de l'avenir des pensions, un peu comme si des xénophobes devaient gérer la politique d'asile (oups...ça s'appelle un acte manqué).

Le vrai problème, c'est l'étroitesse de perspective de la démarche actuelle. La gestion de la carrière, c'est la gestion de la vie. C'est avoir du temps libre quand les enfants sont petits et pas quand ce sont eux qui ne l'ont plus pour venir vous voir, c'est faire le tour du monde avant d'avoir trop de rhumatismes, c'est aussi accepter que des briques, c'est plus lourd qu'un stylo, et que le stylo, parfois ça lasse et ça donne envie de briques. 

De la perspective! C'est ça qui manque à ces libéraux qui n'ont que des billets de banque dans le cerveau, et en plus, ces crabes, c'est la plupart du temps même pas les leurs!

En attendant, redeviens sympathique, Raoul, retrouve ta vocation première, va avec Petit Jean faire les poches d'Albert Frère, de la famille Bettencourt ou... allez, Bill Gates... Cap ou pas cap?


jeudi 28 avril 2016

Y a trop de bébés dans le siphon (petite variation de l'Etat C'est moi)


Même s'il est hautement compréhensible, le climat actuel de "politiques tous pourris" ou "tous malhonnêtes" ou "tous guidés par l'appât du gain" ou "tous plus préoccupés par leur image médiatique que par l'intérêt général" ou "tous responsables du bordel actuel" a des relents de gangrène.

D'abord parce qu'il constitue potentiellement la justification d'un tas d'excès: puisque les politiques sont pourris, pourquoi tout le monde ne pourrait-il l'être?

Ensuite parce qu'il peut aboutir à la négation même de la démocratie, se convaincre que supprimer la politique pourrait constituer une solution. Alors que les deux seules voies qu'ouvre ce type de non-analyse sont l'anarchie ou la dictature. Vive les rassemblements spontanés qui visent plus de démocratie, ce sont des démarches salutaires, au même titre que d'autres remises en cause incontournables d'un système en asphyxie...mais qui ne sauraient le remplacer. 

Enfin, parce que cette globalisation fait perdre du discernement à doses massives. Ce n'est plus un individu qui pique dans la caisse, c'est presque le système qui l'y a poussé. Et quand un politique formule une bonne idée, c'est sûrement qu'il a une visée électoraliste. 

Or soyons clairs: Bart De Wever et sa clique sont d'authentiques totalitaristes (dans leur idéologie,  il y a l'indépendantisme flamand basé sur l'idée du boulet wallon, c'est pas agréable pour les wallons, mais bon. Mais il y a pire: le dogme fondateur selon lequel sur terre, certains sont faits pour commander et d'autres pour obéir. Quand dans un même parti, il y a à la fois la première catégorie, qui en est consciente, et la seconde, qui ne l'est pas, là, on est chez les fachos. A chacun d'estimer dès lors ce qu'est la NVA).

Mais dans les partis démocratiques, il y a de tout, comme dans la société. Donc des gens qui agissent par conviction. Donc des gens qui, s'ils sont trop soucieux de leur image médiatique, c'est parce qu'ils savent que malheureusement le vote relève souvent plus de l'apparence que des idées. Sont-ils malhonnêtes pour autant? 

Si mon voisin se révèle un escroc, est-ce qu'on va foutre tous les habitants de la rue en taule?

Peut-être que le "Bon usage de la crise", ce sera qu'émergent dans chaque parti démocratique ceux qui sont authentiquement au service de leur vision du monde, parce qu'ils ont de facto un sens de la démocratie qui leur permet la confrontation claire. 

Peut-être aussi qu'on se rendrait collectivement un bon service en apprenant  aux enfants que ce n'est pas la tronche ou le bagout qui fait la valeur d'un individu, et encore moins celle de ses idées. 





vendredi 15 avril 2016

Pas galant pour un sou


On vieillit, quand même.

Il y a peu encore, un goût immodéré et maladif pour l'empathie me pervertissait les émotions, au point de verser une larme face à l'ortie qu'on coupe, l'araignée égarée dans la baignoire qui s'engloutit dans le siphon, ou même l'étron immolé dans le broyeur impitoyable.

Or, aujourd'hui, les crissements métalliques douloureux du bolide super tuné et du bulldozer qui l'accompagne à la casse ne parviennent même pas à m'humecter les yeux.

Mon petit reliquat lacrymal se réserve plus volontiers pour crapauds, lapins et graviers qui eurent un jour la malchance de se trouver sur leur passage.      

mardi 12 avril 2016

Panic room



Dans un immeuble situé sur un célèbre boulevard impérial

- ALERTE ROUGE, je répète, ALERTE ROUGE ! Ordre à toutes les équipes de licencier immédiatement tous les éléments susceptibles d'être contaminés par l'affaire Milquet. Je répète: Ordre à toutes les équipes de licencier immédiatement tous les éléments susceptibles d'être contaminés par l'affaire Milquet.

- Chef, on enclenche la Procédure Renault, ou on attend un peu?

samedi 2 avril 2016

L'Etat, c'est moi


Il y a quelque chose qui commence à me gonfler grave dans le discours ambiant, sans doute parce que ces temps tourmentés le soulignent jusqu'à l'absurde. 
Partout, on lit ou on entend "L' Etat ceci, l'Etat cela, l'Etat a failli, l'Etat ne gère plus, l'Etat périclite, et patati, et patEtat".

L'Etat, c'est nous. Régulièrement, on rougit des cases pour désigner ceux dont on pense qu'ils ont le plus possible les mêmes opinions que nous et qui ont l'air capables de les mettre en pratique.

Le problème, évidemment, c'est que parmi nous, il y a apparemment une majorité de gens qui n'ont pas compris qu'on n'effectue qu'une seule fois son passage sur terre, qu'il faut donc le rentabiliser au maximum et que l'enjeu collectif est là, créer les conditions pour que chacun vive le plus pleinement possible et pas partir du principe qu'on ne peut être riche que si un minimum d'autres sont pauvres, que pour avoir l'illusion d'être libre, il faut se délimiter un espace le plus vaste possible  pour soi tout seul,  que si certaines voies me font peur ou me dérangent, c'est plus pratique pour ma tranquillité qu'on les interdise à tout le monde. Qui ne comprennent pas que viser l'épanouissement pour tous n'est pas incompatible avec le fait de donner mission à certains d' empêcher les fous de nous faire mal, mais qu'éthiquement, on ne peut faire ça que si on essaye de comprendre pourquoi ils sont devenus fous, même si on a quelques petites responsabilités là-dedans.

L'Etat, c'est l'émanation d'une majorité d'entre nous.

Heureusement pour les autres que le cerveau humain soit potentiellement doté d'une imagination sans grande limite. Qu'ils puissent quand même effleurer mentalement le bout du bout de l'horizon.

vendredi 25 mars 2016

Je n'aime pas...



Je n'aime pas que l'on écrive "je vous aime" comme si cette phrase s'adressait à tous ceux qui sont susceptibles de la lire. Bien sûr, c'est une manifestation d'émotion, pétrie de bonnes intentions, et certainement très sincère, mais je préférerais qu'on écrive par exemple "je suis solidaire".

Utiliser "aimer" de façon aussi générale, sur un mur matériel ou non, c'est affaiblir ce merveilleux verbe, c'est voler de la ferveur à ceux qui l'utilisent accompagné de son objet précis pour traduire une certaine intensité de sentiment. Aimer implique de connaître, peu ou prou, mais plutôt prou.

Le nombre de gens que je n'aime pas est bien plus grand que celui de ceux que j'aime, et c'est assez heureux pour ma santé psychique. Je ne les aime pas soit de façon passive, parce que je n'ai jamais été en contact d'aucune façon avec eux, soit de façon active, parce que ce que j'en connais me déplaît. Pour illustrer le propos, je n'aime pas les membres des partis qui prônent en permanence un affaiblissement de l'appareil de l'Etat et/ou mettent cette idée en pratique (ça fait beaucoup de partis, dans le fond), mais se scandalisent quand cet affaiblissement a des effets funestes. Je pourrais me contenter de ne pas aimer ces partis, mais non, je n'aime pas leurs membres, car sans membres, ces partis n'existeraient pas.

Je n'aime pas non plus qu'à l'étranger ou même ici, on dise "j'aime les belges". L'appellation "les belges" recouvre aussi bien les innombrables gens sympathiques que les bataillons de désagréables.

Je n'aime pas être uni en tant qu'objet d'amour à (par exemple) Bart De Wever.