lundi 2 octobre 2017

A quand la dispersion des centres?


Il faut savoir profiter des petits plaisirs de la vie, les savourer, les transformer en moments d'extase...

Ainsi, ce titre, ce matin: "Le CDH vit clairement des moments difficiles". Caramba, foin de notre éducation judéo-chrétienne, réjouissons-nous sans vergogne....

Ou cet autre: "Séisme au CDH: trois figures de proue absentes aux élections". Si les seconds couteaux deviennent figures de proue quand ils le quittent... c'est tout dire du délabrement de l'esquif.

Et que l' bac se retourne su' l' pourcha, c'est divin comme justice. Jouer les champions de la bonne gouvernance quand on a pratiqué aussi longtemps "le pouvoir à tout prix" et inventé le "2/3, 1/3" avec les camarades qu'on renie...  Jamais avare en coups tordus et stratégies scatophages, expert en géométrie variable et plus usé de la veste que toute autre congrégation politique en ce pays... 

Réjouissons-nous. 

Car la jouissance pourrait être brève.

Au sein du centre mou émerge un jumeau cannibale. Qui en matière de versatilité et de ligne mouvante ne vaut guère mieux. Rester scotché près de 20 ans à un parti de droite et réussir à se forger après, en quelques années, l'image d'une force progressiste, c'est du grand art. Et au moment opportun, savoir s'ériger en Monsieur Propre alors qu'on salope le carrelage depuis des décennies, ça frise le chef d'oeuvre!

Mais bon, ne gâchons pas notre plaisir. On vous parlait des Humanistes et de leur petite forme très prometteuse d'autres instants d'extase futurs.... 













dimanche 26 mars 2017

On peut garder le "d' "


Dans "pacte d'excellence", il y a deux mots qui me dérangent.

"Pacte". Elaboré par les réseaux, vestiges aberrants (et coûteux) de l'histoire scolaire, les syndicats d'enseignants (dont la légitimité est indiscutable, mais par définition limitée à cette seule profession) et les associations de parents (à propos desquelles le mot "représentativité" est vide de sens). "Librement", sans que le politique ne s'en mêle trop, nous dit-on, comme s'il fallait s'en réjouir. 

Alors que la formation, c'est quelque chose qui concerne tout le monde, qui est payé par tout le monde, qui implique une vision du monde présent et de celui qu'on souhaite à l'avenir. Ce n'est donc pas d'un pacte qu'a besoin l'enseignement, mais d'un projet. Un projet à propos duquel toutes les composantes de la société doivent être interrogées et que le politique doit synthétiser,  mettre en oeuvre et faire évoluer en permanence.  

"Excellence". Ce vocable pédant et désuet, aux résonances conservatrices, m'agace depuis le début. Tout comme ces gars de chez Mac Kinsey qui, en 2010, faisaient le tour des Cabinets francophones pour vendre leur soupe "financée par des mécènes", en s'efforçant en vain de tempérer leur condescendance "efficience du privé" versus "sclérose du public". "Excellence", c'est du vocabulaire de droite bien pensante, alors même qu'en pédagogie, ça ne veut pas dire grand'chose.

Milquet avait besoin d'un nom grandiloquent pour y associer le sien dans l'histoire scolaire. A la mesure de la prétention absurde du projet... Définir exhaustivement l'école des 20 (ou davantage!) prochaines années, dans un monde qui évolue à toute vitesse, quelle imposture.

Et voir Marie-Martine passer son temps à assurer la promotion de cet encombrant héritage, ce n'est pas rassurant quant à la gestion immédiate des innombrables problèmes du quotidien scolaire. Quant à certaines mesures indéniablement intéressantes contenues dans le pacte, elles n'ont pas besoin du clinquant de l'emballage pour être mises en pratique.

"Le pacte ne sera pas la énième réforme", a dit Ma-Ma. A dire vrai, je l'espère aussi... 








     

mardi 14 février 2017

Pluie d'affaires, averse Degrelle


"Tous les partis, corrompus, se valent. Ils vous ont tous volés, ruinés, trahis. Tous, dégoulinant de leurs infamies, voudraient une fois de plus vous bourrer le crâne. Ouvrez l'œil! Ne vous laissez plus faire !" 

Publifin? Bien joué, les journaleux.
Publipart? Bien vu, les scribouillards.
Les salaires scandaleux? A dénoncer, bravo les gratte-papier.

Mais là, ça vire un peu au flot d'infos en vrac où tout pourrait faire farine au moulin et le même panier se faire accueillant pour tout le monde...  

Et cette diatribe du "beau Léon", en mai 36, elle commence à résonner bizarre...


dimanche 18 décembre 2016

Paramnésie



Paramnésique? Des impressions de "déjà-vu" répétitives perturbant gravement votre perception de la réalité?

Si tel est votre cas, ATTENTION ! Ne lisez surtout pas le "Pacte d'excellence" ! 

Une illustration?

"ALLÉGER LA CHARGE ADMINISTRATIVE PESANT SUR LES DIRECTIONS".

"Pacte pour un enseignement d'excellence", projet d'avis numéro 3, page 135... 

Et quelques lignes plus loin :"Il est important de réduire la contrainte administrative, organisationnelle et budgétaire des établissements par une simplification administrative." 

Rêve-je ou pas? Suis-je fou ou ai-je déjà lu ça?  

21 janvier 2005... Contrat stratégique pour l'éducation, page 72...

"Orientation 3.3.4. : Simplifier les tâches administratives afin de concentrer les énergies sur le véritable métier d’enseigner et d’organiser l’école."

Caramba... 

Le réel n'est-il donc qu'un perpétuel recommencement?

Cette rousse, sur la photo, est-ce la noire du dessus qui s'est teinte pour mieux m'abuser? 

Mais non! Reprends tes esprits!

Tu ne rêves pas, tu vis en 2016. Et ton impression qu'il y a encore plus de paperasses qu'en 2005... c'est la réalité. 

Alors... rassuré?






mercredi 23 novembre 2016

Pas que d' l'excellence


Marie-Martine, Ministre de l'enseignement, dans le Soir du 22 novembre 2016 : "J'étais jeune enseignante à la fin des années 90 lorsque les compétences nous sont tombées dessus. Aujourd'hui, la question qui se pose le plus, c'est le niveau de maîtrise du français, des maths, des sciences et des langues étrangères. On n'élèvera pas le niveau de notre enseignement sans une maîtrise claire et nette des savoirs de base."

Professeur Ponchau, extrait de "Ma vie, mon oeuvre", ouvrage terminé en 2035 et n'ayant pas encore trouvé d'éditeur à ce jour  : " Le 22 novembre 2016, les quelques restes d'illusions qui m'habitaient encore se sont  volatilisés au détour d'une phrase de la Ministre de l'enseignement de l'époque. Comment une créature à l'apparence aussi sympathique et  se revendiquant ostensiblement de la confraternité pouvait-elle se laisser aller à des déclarations aussi peu réfléchies? Reléguer au rang de pigeons les enseignants à la fois hardis et disciplinés qui s'étaient lancés, souvent contre vents et marée, dans la pédagogie des compétences que la loi par ailleurs imposait. Et conforter par la même occasion les bataillons de profs, vieux et jeunes mais poussiéreux, qui imperturbablement et sans aucun souci de la règle, continuaient à dégoûter de l'école et des apprentissages des générations de gamines et de gamins. J'étais abasourdi. 

Une semaine plus tard, ma maman m'avouait que c'était elle qui déposait les chocolats sur ma table de nuit, chaque matin du 6 décembre."  

mardi 20 septembre 2016

Ange déchue


Quelle fosse à purin, quand même, ce monde.

Des regrets d'avoir prôné le juste. 

Genou en terre devant la tentation la plus bêtement méchante d'une frange extensible de l'électorat. Ce vil penchant  par rapport auquel parfois, notre humanisme forcené plaide l'ignorance, l'aveuglement, la blessure d'enfance mère de phobie collective.

S'excuser d'avoir été bon, ou plutôt juste ce qu'il était normal d'être, pour une fois. Pour juguler le flot de bile.

De ces débiles ce soir inexcusables dont une partie jamais négligeable finiraient volontiers par tenir le  fouet et le bâton dans des endroits où le travail rend libre. 



   






vendredi 1 juillet 2016

Transhumance

Deux événements ce jour.

Xanax du peuple. Une semaine après le Brexit, va-t-on revivre l'adieu à Lille?

Météo exécrable. C'est con, j'ai payé. 

Juillet. Le mois où souvent, les parlementaires travaillent le plus. Les gouvernements aussi.

Le 17 juillet 2013, pas moins de 25 lois furent votées. Dans la sémantique socialiste, certaines de ces mesures qu'on qualifiait à l'époque de "budgétaires" seraient qualifiées aujourd'hui "d'austérité". 

En juillet 2015, Daniel l'anaconda faisait voter le texte qu'on préfère sur ce blog. La loi "67 ans".

Théo Francken a une idée pour occuper son mois de juillet 2016.  Fouiller les GSM, ordis, pages Facebook... 

Son complice Freddy Roosemont, Directeur de l'Office des étrangers, la résume magnifiquement : "Quelqu'un peut prétendre avoir été emprisonné à Bagdad et  avoir posté une photo de lui à la plage".

Vouloir passer de la plage à la pluie. Sont vraiment pas comme nous, ces gens...











mardi 21 juin 2016

Bon sang ne saurait mentir (Charlot épisode 10)


21 juin. Il pleut. 

Ce matin, un déséquilibré portant une fausse ceinture d'explosifs a évité à notre brave Charlot d'être la première illustration de son opération "Stop aux mensonges", dont le lancement était programmé sur Bel-RTL.

Affirmer "Stop aux mensonges", dans un contexte politique classique, c'est en effet par définition mensonger. Car le mensonge est une notion étrangère à l'exercice coutumier de la politique.  

Charlot devrait le savoir mieux que quiconque: s'il a affirmé un jour qu'il ne s'allierait jamais à la NVA, ce n'est pas un mensonge, c'est une vérité d'hier qui n'est plus celle d'aujourd'hui. 

La formation d'un gouvernement, dans le système proportionnel, c'est la pilule du lendemain des saillies électorales.

Cette confusion ne date pas d'hier. "L'art du mensonge politique" date de 1733. Et par une amusante mise en abyme, cet ouvrage sous-titré "Le mentir vrai" a été faussement attribué à Jonathan Swift. 

"Le moyen le plus propre et le plus efficace de détruire un mensonge est de lui opposer un autre mensonge". Cette formule serait bien sûr terrifiante si elle correspondait à la réalité. Particulièrement en politique.

Elle impliquerait que la vérité des urnes, qui est intangible en démocratie, repose entre autres sur le mensonge.  

Premier jour de l'été. Il pleut. 








jeudi 9 juin 2016

L'ancistrus dolichopterus et l'eunuque décapité


Expérience très éprouvante, à 7h50 ce 9 juin 2016, à l'écoute de Matin Première : se reconnaître dans des phrases de Rudy Demotte. Et en plus, ce n'est pas la première fois...

Il faut bien concéder à cet homme un don de communication hors du commun. Rudy a un côté "poisson laveur de vitre", il avale les paroles des autres, les digère et voilà qu'elles ressortent comme éclaircies. Ce matin, sur le couplet "régionalisation de l'enseignement et de la culture", ce qu'il a dit était limpide. Diviser un ensemble déjà petit, c'est l'affaiblir. Il n'a pas dit ça comme ça, Rudy fait de la com grand public high class, c'est sa force, il l'a dit plus simplement, via l'illustration. Des profs ou des diplômes différents à Bruxelles et en Wallonie, c'est tellement absurde que ça parle directement.

 Régionaliser l'enseignement et la culture, c'est une idée "eunuque décapité" qui revient tellement régulièrement, au PS comme ailleurs, qu'elle finira bien un jour par se concrétiser. Sans que peut-être tous ses chantres et leurs auditeurs ne se rendent compte eux-mêmes d'une de ses implications ultimes, outre ce côté village de Schtroumphs traversé par un mur de Berlin : la régionalisation de ces deux matières est une idée "after Belgium". Ce n'est pas très original comme analyse. Dissocier Bruxelles et la Wallonie sur leurs fondements francophones, c'est sectionner un des derniers cordons qui tient ce pays uni par défaut. 

"Bruxelles région autonome bilingue", épitaphe en filigrane sur la tombe du pays. Et peu importe le statut institutionnel de ladite région.

Comme Paul M est tout sauf un imbécile, on peut supposer qu'il se place, avec une partie du PS, dans une Wallonie après-belge dominée par son parti...

Et comme on sait aussi que le PS adore les faux débats internes orchestrés par l'arbitre suprême quand il veut pouvoir tout dire et son contraire, il y a de quoi avoir peur pour les francophones de ce pays. Le laveur de vitre l'a dit, ce matin : Elio est au-dessus... Sans doute est-ce lui qu'il faudrait implorer de ne pas commettre l'irréparable... En appeler à sa sagesse... parfois, avec ces gars que leur pouvoir rend fous, ça marche...

Tiens, à propos, l'ancistrus dolichopterus est détesté par les vrais amateurs de poissons d'aquarium. Il est vendu comme laveur de vitre, mais il ne lave rien du tout.  

  

dimanche 5 juin 2016

Sunday beauty sunday

M'avoir fait découvrir le marché de Wazemmes mérite une reconnaissance éternelle jusqu'à ce que ma mort s'ensuive. 

Dimanche brouillardeux de ce côté de la frontière, voilà que le ciel s'éclaire au passage de l'ancienne douane, et que plus l'autoroute nous rapproche de ce quartier de Lille, plus la température fait ouvrir les fenêtres. Il faut se garer loin, tout sent la pisse sur les trottoirs que l'on emprunte, mais quelques odeurs de kebab tempèrent et des mendiantes vous sourient même si vous leur glissez un bonjour plutôt qu'une pièce. 

Wazemmes, c'est le marché du midi... en plus coloré, en plus foisonnant, en plus compact. Il n'y a pas que les marchands qui sont en grande majorité maghrébins, les clients aussi. A Wazemmes, on frôle, on se presse, on bouscule et on est bousculé par des dames voilées qui toujours s'excusent. Les vendeurs de chaussures s'agenouillent devant la petite fille qu'ils appellent "princesse", pour lui enfiler la sandalette magique à 10 €, en souriant parce que vous avez refusé la godasse à paillettes qu'ils proposaient pour choisir un modèle plus sobre. 

A Wazemmes, on achète complice des fruits ou des légumes qui s'encourront tout seuls si on ne les consomme pas sitôt rentrés. Des chemises dont les boutons s'envoleront à la première toux, des piles Duracell reniées par la marque et des économes à 1 € qui rendront l'âme à la première patate. 

Wazemmes, c'est les vacances et le dépaysement à 20 kilomètres, ceux qui ne prennent plus l'avion pour la bonne conscience apprécient.

Après le marché, à cent mètres, il y a un restaurant chinois extraordinaire, La villa de Tsing Tao, sans rire, le meilleur que je connaisse. Le garçon qui accueille rayonne, il est le fils du patron chinois et de sa femme française, il vous repaît des descriptions des plats qu'il déposera devant vous tantôt. 

Le métissage est source de beauté.

Son père, le cuisinier, sourit tout le temps et à la fin du repas, offre à la petite fille un stylo bille aux couleurs de sa robe. Sans doute beaucoup de cuisiniers belges dans des restaurants belges en Chine en font-ils autant. 

Pendant ce temps, sur la place, des familles Roms quémandent quelques légumes et fruits invendus. Les Roms, ce sont un peu des Cheyennes dénaturés par des siècles de regards haineux, ils communient avec les poules des sédentaires en leur tordant le cou. Ils vivent le long de l'autoroute, dans des bidonvilles hallucinants et glauques. Les jupes de leurs femmes pétillent de couleurs. 

C'est tout cela, le marché de Wazemmes.

Vendredi dernier, pendant que Goblet nous distrait, le Gouvernement belge a approuvé la proposition de Théo Francken de supprimer 10 000 places d'accueil pour des demandeurs d'asile.