mercredi 3 octobre 2012
Before sunset
Les plus belles tirades du cinéma moderne
Aujourd'hui: Before sunset (2004)
Voilà un exemple parfait de la réplique qui restera dans l'histoire non seulement en raison de sa profondeur philosophique, mais aussi par son côté passe-partout. A quelle phrase donc le personnage répond-il? On peut tout imaginer.
Quelques exemples?
- Considérant comme le veut l'adage que la meilleure défense, c'est l'attaque, Alain Courtois a décidé de porter plainte contre X pour diffamation. X n'a qu'à bien se tenir!
- Le rapport relatif à la sécurité des centrales nucléaires évalue les investissements nécessaires à une somme comprise entre 10 et 25 milliards d'€.
- Freddy Thielemans ne sait plus très bien s'il est pour ou contre le contrôle forcé des naissances en région bruxelloise.
Si vous avez d'autres idées, vous pouvez les mettre en commentaire. de toute façon, le film était tellement mauvais qu'il ne vaut pas la peine de le regarder pour savoir à quoi Ethan Hawke répondait....
lundi 1 octobre 2012
El secreto de sus ojos
Les plus belles tirades du cinéma moderne
Aujourd'hui: El secreto de sus ojos
Une des répliques les plus fortes du cinéma contemporain, extraite de ce magnifique film argentin de 2009 traduit de façon crétine par "Dans ses yeux", qui en français, n'ont donc plus rien de secret.
L'action: le personnage principal prend rendez-vous afin de subir une coloscopie. Indéniablement un moment intense du film.
dimanche 30 septembre 2012
Et maintenant un peu d'amusement...
Le Professeur Ponchau est un peu culpabilisé. Un tout petit peu. Mais pour un pur produit de ce mix infernal de judeo-christianisme et de freudisme qu'est la société contemporaine, c'est insupportable, d'être un petit peu culpabilisé.
Bref, oubliez tous les trucs désespérés que Mister Hyde a pondus depuis deux mois: place au Docteur Jekyll, et si Ecolo gagne une commune le 14 octobre, par exemple Enghien, ce sera merveilleux, d'ailleurs on peut en gagner d'autres, je ne sais pas moi, Mons, Wavre, Thuin, Robert Coué vous en aurait sorti 50 s'il était encore de ce monde.
Il est comme ça, le Docteur Jekyll, même s'il habitait Fukushima, il trouverait cela formidable. Même s'il était une fissure de Doel 3, il se verrait un grand avenir. Et même s'il dépendait de Lakshmi Mittal, il ne rêverait que de lendemains radieux.
Dès lors, le blog du Professeur Ponchau, pour soutenir le moral des candidats, se mettra dès demain au diapason du bon Docteur. En lançant une nouvelle rubrique: les plus belles tirades du cinéma contemporain, de 1890 à nos jours.
Ca n'a aucun intérêt, ne rapportera pas une voix pour le 14 octobre (mais ceci dit, pour le Professeur Ponchau, ne pas coûter de voix au parti, c'est déjà une victoire!), mais ça pourrait vous arracher un sourire, Chère candidate - candidat - candidate -candidat. or, un sourire, en période électorale, ça n'a pas de prix!
A demain, dès lors!
Bref, oubliez tous les trucs désespérés que Mister Hyde a pondus depuis deux mois: place au Docteur Jekyll, et si Ecolo gagne une commune le 14 octobre, par exemple Enghien, ce sera merveilleux, d'ailleurs on peut en gagner d'autres, je ne sais pas moi, Mons, Wavre, Thuin, Robert Coué vous en aurait sorti 50 s'il était encore de ce monde.
Il est comme ça, le Docteur Jekyll, même s'il habitait Fukushima, il trouverait cela formidable. Même s'il était une fissure de Doel 3, il se verrait un grand avenir. Et même s'il dépendait de Lakshmi Mittal, il ne rêverait que de lendemains radieux.
Dès lors, le blog du Professeur Ponchau, pour soutenir le moral des candidats, se mettra dès demain au diapason du bon Docteur. En lançant une nouvelle rubrique: les plus belles tirades du cinéma contemporain, de 1890 à nos jours.
Ca n'a aucun intérêt, ne rapportera pas une voix pour le 14 octobre (mais ceci dit, pour le Professeur Ponchau, ne pas coûter de voix au parti, c'est déjà une victoire!), mais ça pourrait vous arracher un sourire, Chère candidate - candidat - candidate -candidat. or, un sourire, en période électorale, ça n'a pas de prix!
A demain, dès lors!
dimanche 16 septembre 2012
Aujourd’hui : comment faire passer des vérités désagréables en jouant sur les homophonies.
Aujourd’hui : comment faire passer des vérités désagréables en jouant sur les homophonies.
Chers
candidate candidat candidate candidat,
Vous le
savez, certaines vérités sont désagréables, et donc difficiles à
communiquer ; c’est bien de vouloir faire comprendre que la fin du monde
est proche si on ne change pas radicalement nos habitudes, mais c’est
évidemment complexe à faire passer de façon engageante, avec un
enthousiasme communicatif (et c’est encore plus compliqué quand on est persuadé
que de toute façon, la fin du monde est proche).
Voici donc
un conseil qui pourrait vous être utile : jouez sur les homophonies, et
tout deviendra plus simple.
Un
exemple ?
Les voyages
en avion pour aller deux jours certes pas au bout du monde, mais quand même
plus loin qu’en Ardennes. Pour le climat, ces voyages-là sont des sauts de
putes.
Cependant,
malheureuse malheureux malheureuse malheureux, il ne faut surtout pas le proclamer de façon
abrupte, sinon, tous ceux qui aiment bien ce genre de voyage, et ils sont fort nombreux,
vont irrémédiablement se détourner de nous (et même certains de nous-mêmes
risquent de se détourner de nous).
Dès lors, je vous propose ce subterfuge :
appelez désormais ces voyages malfaisants des « mini-tripes ».
Les tripes,
qu’elles soient grandes ou petites, 90 % des gens détestent. L’odeur entre
autres. Une viande qui sent la fiente,
ça révulse la plupart des humains qui ont des organes neurosensoriels normaux.
Dès lors,
si à force de répétitions, nous arrivons
à insinuer par associations subliminales un dégoût prononcé pour ce
genre de périple et la compagnie guinessienne qui la personnalise, nous aurons
fait œuvre utile. Ce travail de sape devrait porter ses fruits vers 2054.
Bien sûr,
un effet pervers est à craindre : il est probable que les 10 % de gens
amateurs de boyaux de porc et qui
peut-être ne prenaient plus l’avion de façon incivique vont se remettre à
visiter frénétiquement des villes sans aucun intérêt, sous prétexte qu’on sait
en revenir vite. Votre serviteur entre
autres.
C’est ce
qu’on appelle un dommage collatéral.
Un dommage
collatéral, en langage militaire, c’est des morts. C’est quand un pauvre mec traînait pas loin
de l’endroit où la bombe est tombée et a été réduit en morceaux, mais que le
but premier de la bombe n’était pas
celui-là (d’ailleurs, il faudrait être un peu con pour lâcher une bombe pour qu’un
seul mec soit réduit en morceaux).
Pour
illustrer mieux encore ce qu’est un dommage collatéral, on peut affirmer sans
crainte que le bombardement de Dresde fut le parfait contre-exemple de dommage
collatéral.
Mais je m’égare,
là.
Dès qu’on
cause d’avions…
mercredi 5 septembre 2012
IL FAUT PO-SI-TI-VER
Aujourd'hui: IL FAUT PO-SI-TI-VER
Chers
Amis-ies-is-ies,
Alors qu’il
déprime depuis bientôt un mois et demi l’ensemble d’un parti honorable (et ses
quelques électeurs) avec sa chronique sinistre, multipliant noirceur,
pessimisme et culpabilisation facile du
citoyen, le Professeur Ponchau est ce matin en mesure de délivrer un message
positif. Purée, enfin !
On avait
déjà perdu 7 ou 8% dans certaines
communes dont trop d’habitants lisent les chroniques malsaines dudit Professeur
ce qui, fait unique dans l’histoire politique du pays, aurait pu amener notre
parti dans ces communes à un score négatif.
Mais fort
heureusement, ce matin, le Professeur
s’est repris et il peut enfin claironner une information positive et soigner le
moral des électeurs de progrès et de solidarité qui sont les nôtres et leur
conférer cet air béat qui donnera l’envie à leurs voisins de table de faire la
même chose qu’eux le 14 octobre prochain : depuis hier, Mesdames et
Messieurs, le salaire de Didier Bellens ne représente plus qu’1/16ème
du prix de transfert d’Axel Witsel.
L’an
dernier à la même date, cette proportion était d’1/3 !
Soulignons de
plus en cette heure cruciale la lucidité de Marc Wilmots, qui est quand même un
chic type qui dit toujours ce qu’il pense (or, y-a-t-il un seul être humain en ce
bas monde qui puisse se targuer de ne pas penser une connerie de temps en temps ?). Marc Wilmots a
donc déclaré hier : « Connaissant le garçon –ndlr : on aura remarqué au passage cette façon unique du Bison
de Jodoigne de se créer un personnage à la John Wayne, comme lui salement de
droite, mais O combien attachant – je sais qu’il est suffisamment pro pour
se concentrer dès aujourd’hui sur le match au Pays de Galles ».
Fameux
hommage ! Tout le monde sait, en effet, qu’il est beaucoup plus difficile
de se concentrer quand on a trop d’argent que quand on n’en a pas assez. Quand
on n’en a pas, c’est facile, on peut se mobiliser sans problème dans la noble
quête d’essayer d’en avoir un rien plus. Mais quand on en a trop !
Vous
n’aviez jamais pensé à ça, n’est-il pas, Chers Amis-ies-is-ies?
Ne me
remerciez pas… dans le fond, faire réfléchir, c’est un peu ma vocation…
vendredi 24 août 2012
Aujourd’hui :
Francorchamps, ou le piège fatal de la mort qui tue
Cher Membre-Membre-Membre-Membre
(je me rends compte soudain qu’avec le mot « membre », la tirette
fonctionne moins bien),
Aujourd’hui,
on va aller chipoter là où ça fait un peu mal.
Francorchamps !
Enfer. Francorchamps, Francorchamps. Francorchamps.
Imaginez Napoléon
à Sainte-Hélène, sur son lit d’agonie, avec un acouphène sadique qui vient lui
murmurer de façon lancinante « Grouchy, Grouchy, Grouchy … ». Le dernier soupir ressemble à un orgasme, dans
des cas pareils.
Francorchamps.
Le piège parfait. L’alternative maléfique. Quel que soit ton choix, tu es
foutu, Petit Homme, comme aurait écrit Wilhelm Reich (pas de chance, quand
même, hein, pour un progressiste, de se farcir un nom pareil !).
Tu votes
contre : tu es un intégriste malfaisant qui fait perdre de l’emploi et
n’aime pas cette bonne odeur d’huile de vidange qui extasie les vrais sportifs.
Tu votes
pour : tu n’as aucune suite dans les idées, où sont tes principes de base,
hé, tu fais de la politique comme les autres ou quoi ?
Tu
t’abstiens : eunuque politique, comme disait Louis Michel; là, tu es
vraiment mort. Ce qui est marrant, c’est que les partis traditionnels quand ils
sont dans l’opposition font souvent cela et personne ne leur en tient rigueur.
C’est bien la preuve que nous sommes un parti alternatif et différent.
Bref, Cher
Membre, Membre, Membre, Membre, on avait les noisettes bien coincées dans un
trou du tamis de la chaise en osier, et rien à faire pour s’en extirper. (Et je me rends compte que cette métaphore est
fort peu épicène, pardonnez-moi, Chère Membre) .
Mais on a
appris, on est adultes, maintenant : bien malin qui nous coincerait encore comme ça. On sait que pour chaque
situation, on doit avoir prêtes chaque réponse et son contraire. Le Grand Prix
de Francorchamps est supprimé ? Génial ! Enfin on nous donne
raison (comme la fin du monde le fera de façon éclatante quand il n’y aura plus
un seul électeur pour s’en rendre compte, mais une victoire intellectuelle,
c’est important, quand le corps a disparu…). Il est maintenu ?
Génial ! Les oiseaux vont avoir un peu de distraction, les
francorchampenois un peu de boulot pendant un WE (message à Paul Magnette pour
l’occasion : Paul, essaye de piquer le Grand prix à Francorchamps, le ring
de Charleroi, pour tourner en rond, c’est le rêve) , les amateurs de
formule 1, un peu de consolation dans un monde qui laisse si peu de place au
bruit, au cambouis et à la publicité agressive. Et six millions par an,
qu’est-ce que c’est ? A peine un bras et une épaule d’Eden Hazard (ses
jambes valent beaucoup plus, sa tête, je sais pas).
Chers
Membre (X4, ça c’est l’avantage des mots qui se mettent pas au féminin), il
vous faut tirer les leçons de cette malheureuse (mais aujourd’hui très
positive) histoire de Francorchamps. Dans votre argumentation, avant le débat
fatal sur radio Gouy-Lez-Piéton, ou même au café du coin, prévoyez toujours un
argument et son contraire.
On installe
une porcherie ? C’est une vraie tragédie pour les riverains. Mais une
bonne odeur de merde porcine, ça fait très campagnard, aussi. On pourrait
installer une chambre d’hôte pas loin.
Une grande
surface s’installe à la place d’un parc arboré?. Ca va tuer le petit commerce. Mais
quelle aubaine pour tous les chômeurs de moins de 25 ans désoeuvrés qui ne
savent pas de quoi leur repas de midi sera fait.
Une
autoroute traverse la commune ? Et va couper une piste cyclable, c’est un
scandale. Mais pour les petits hôtels de la région, c’est une aubaine. Et s’il
n’y a pas d’hôtels, c’est l’occase d’en créer.
Allez, je ne vais pas insister : vous
avez compris.
C’est ça
aussi qui fait de notre parti un parti différent : les militants
comprennent vite.
Chez les
socialistes, par exemple, il faut répéter cent fois le même discours. « Il
faut faire de la nouvelle politique, parce que l’ancienne n’a plus la
cote » ; cent fois, qu’ils le répètent, et y en a qui n’ont
toujours pas compris.
lundi 20 août 2012
Le dernier rivage
Chers
Ami-amie-ami-amie,
Aujourd’hui,
nous allons parler d’un sujet grave.
Comment
aborder la fin du monde dans le cadre des élections communales ? Je veux
dire : comment faire en sorte que, à l’image du frétillement très passager
de chaque brin d’herbe du Heysel quand
les diables marquent (et c’est un instant rare que ces végétaux apprécient à sa
juste valeur), un micro-territoire se sente concerné par la survie du
macro ?
C’est un
fameux problème : à part Doel et Fleurus, peu de communes se sentent
vraiment menacées dans leur survie.
A l’image de chacun de nous, en fait :
comment croire que nous pouvons demain périr tous collectivement, alors qu’à
l’instant même, nous dégustons une « Bons
vœux » de la Brasserie Dupont, qui est la meilleure bière du monde,voyons passer une jeune fille peu habillée
pour cause de canicule ou nous payons un sacré fou rire après avoir lu qu’Elio
venait en 8 mois d’apprendre 2500 mots
en néerlandais, alors que nous-même ignorions en connaître autant en français ?
Croyez-moi :
il est déjà très difficile pour l’homme de s’inscrire dans un projet collectif,
alors, dans un désastre collectif, je ne vous dis pas. Quelqu’un s’est-il
demandé une seule fois pourquoi le bunker d’Hitler était si petit ? Par
mesquinerie ?
Non. Le
clairvoyant tyran savait très bien qu’il est vain de vouloir entraîner trop
d’humains à leur perte en même temps, il y a toujours une tapée de crabes qui
espèrent se sauver, raison pour laquelle il n’avait gardé une place que pour
son pote Goebbels, qui lui avait
familialement le profil, et avait laissé les autres dehors. Se faire bombarder
par les russes.
Hé bien a
contrario, il est tout aussi vain de convaincre la fourmi que si le nid est
ébouillanté, elle aussi, et que si toutes les fourmis du monde s’y mettaient,
le nid pourrait être sauvé. Pour en être convaincue, la fourmi, qui dans le
genre est peut-être économe, mais drôlement individualiste, et têtue, doit
prendre une giclée d’eau bouillante sur la tronche, elle-même, pas sa voisine,
sinon, elle n’y croit pas.
C’est
évident, si nous voulons percer de façon significative aux communales, il faut
que des communes aient peur : peur pour leur survie.
Référons-nous
dès lors à l’histoire : la dernière fois que des communes ont craint de disparaître,
c’est par la grâce de Joseph Michel, les fusions de communes. En 77. Et en
plus, ces communes qui avaient peur ont réellement disparu, ce qui constitue un
précédent vachement plus dissuasif que
la chaise électrique.
Quel est
donc le conseil du Professeur Ponchau ?
Que l’un d’entre
nous se sacrifie. Il déclare par exemple qu’il n’est plus en phase avec la
philosophie du parti alors qu’en fait il en a marre de payer ses rétrocessions,
il s’en va vite fonder un groupuscule qui tient ses congrès dans une cabine
téléphonique et pond un programme en deux temps trois mouvements. Dedans, un
projet-clef : seules les communes de plus de 100.000 habitants
subsisteront!
On demande
alors à Georges d’intervenir à la tribune ou dans une gazette pour proclamer
avec indignation que c’est scandaleux,
et le tour est joué. Envoyez dans les communes concernées des délégués
Greenpeace, et vous allez voir le nombre d’affiliations.
Vous savez,
la politique, c’est souvent plus simple que ce qu’on croit…
jeudi 16 août 2012
Dans Fleurus, il y a Fleur...
Alléluia,
quelle période faste ! Quel plaisir de lire le journal en sirotant une
Saison Dupont sous un soleil de plomb (quel poète, ce professeur Ponchau).
Hier Doel !
Aujourd’hui Fleurus. « Il y a eu rétention de déchets par l’exploitant »,
nous dit un observateur bien informé. Une sorte d’occlusion intestinale façon
Tchernobyl.
Ecologistes de tous les pays (surtout les
communes belges), réjouissons-nous ! Calculons déjà combien de
pensionnés auraient pu prendre leur
pension à 60 ans avec les 50 millions d’ € que va encore coûter cette
histoire et disons-le sur nos tracts.
Mais non !
Bande de niais ! D’abord, il y a bien plus de gazettes qui ont fait leur
gros titre de la victoire historique des diables rouges (historique dans ce
genre de cas signifie « à marquer d’une pierre blanche tellement c’est
rare » - gargl!, la gaffe, le Professeur
Ponchau qui applique l’inverse de ses préceptes ! Adieu électeurs sportifs
du type cul coincé dans le fauteuil, et ça en fait un paquet !).
Ensuite, n’oubliez
jamais que nous sommes en août ! En période de vacances, la moindre
billevesée nucléaire fait les gros titres dans les gazettes encore lisibles par
les temps qui courent. Vous sortez la même info le 15 septembre, c’est en page
46 ; et on ne vous dit pas dans celles qui ne font que 30 pages. La fonte
du Groenland, en septembre, c’est pas sur une page, c’est sur le net, pour ceux
qui cherchent. Le véritable amoureux de la nature et plus prosaïquement, de sa propre
existence, est proactif, tout le monde sait ça.
Car quand
la rentrée politique aura eu lieu, on en reviendra à la normale : la
plupart des pages des journaux un peu lisibles ne seront plus consacrées aux
événements, mais bien à ceux qui parlent des événements.
Quant aux
journaux qui ne sont pas lisibles, ils continueront à publier les photos
inmontrables des accidents de la veille et autres horreurs diverses, ou mieux vous les raconteront (comme la pornographie, c'est encore plus excitant en mots qu'en images) en
signalant au début de l’article que c’est
après un grand débat déontologique collectif en rédaction qu’un peu la mort
dans l’âme, ils se sont résolus à vous montrer ces abominations… mais c’est ça,
le monde passionnant de l’information, Kids !
PS (si j’ose dire) : signalons aimablement à
Georges Gilkinet qu’il ne faut pas dire, comme dans le Soir d'aujourd'hui : « Il y
a eu une faille du contrôle » ; il faut dire « Il y a eu une fissure dans le système de
surveillance ; un peu comme à Doel 3 ».
dimanche 12 août 2012
On peut rire de Doel, mais pas avec tout le monde.
On peut rire de Doel, mais pas avec tout le monde
Vendredi :
« La fissure de Doel inquiète l’Europe ».
Samedi :
« Des milliers de défauts à Doel ».
Je vois d’ici
certains candidats-candidates-candidats-candidates se frotter naïvement les mains : « Purée, on la tient,
notre dioxine, notre Fukushima du pauvre, notre Tchernobyl miniature sans les dégâts collatéraux ».
Et nos
enthousiastes de se lancer aussitôt dans l’écriture d’un prospectus dont je ne vous
livre que ces quelques extraits : « On vous l’avait bien dit… » ;
« Ecolo une fois de plus avait vu juste ! » ; « Déjà,
dans un document du 3 mai 1991, nous fustigions l’inconscience du lobby
nucléaire » ; « Que n’avez-vous voté en masse pour nous lors des
élections précédentes, on n’en serait pas là » ; « C’est comme
pour Francorchamps… » .
Malheureux !
Jetez-moi vite ce brouillon aux orties (si vous ne les avez pas déjà toutes transformées en soupes insipides, mais si bonnes pour la santé).
L’électeur
a horreur qu’on lui fasse la morale, il a horreur des schtroumphs à lunettes, il aime encore moins qu’on fasse
mine de récupérer les malheurs du monde à des fins électorales (si le PS le
fait de toute éternité, c’est grâce à sa subtilité : il n’a pas besoin de
prouver aux pauvres et aux assistés qu’ils le sont, juste de leur faire croire
que s’ils le ne le sont pas davantage, c’est grâce à lui. Mais allez
démontrer à un irradié qui n’est que virtuel que s’il vote Ecolo, les
radiations feront moins mal !)
Bref,
oubliez un discours aussi direct. L’idéal,
c’est l’allusif, le répétitif (léger !), pour mieux dire enfin : le
subliminal. A cette fin, que chaque
locale fasse appel aux militants
appartenant à certains corps de métiers susceptibles de distiller le message avec patience, finesse et persévérance.
Quelques
exemples :
Dentiste :
« Il y a une fissure dans cette molaire, je vous dis pas : on dirait
Doel 3 ».
Pédicure :
« Cette fissure, sur votre plante de pied gauche, je n’ai jamais vu ça :
on dirait Doel 3 ».
Thérapeute
familial : « La fissure dans votre relation de couple, à côté de Doel
3, c’est de la rigolade ».
Architecte :
« Cette fissure dans la façade, c’est un peu comme Doel 3 : elle n’a
l’air de rien comme ça, mais avec le temps, on pourrait arriver à l’effondrement ».
Proctologue :
…
... enfin bref, vous avez compris le principe.
Toi aussi, maintenant, trouve ton homme –femme-homme-femme de métier et ce qu’il doit répéter insidieusement.
Toi aussi, maintenant, trouve ton homme –femme-homme-femme de métier et ce qu’il doit répéter insidieusement.
Pas de
discours direct. Du subliminal, du subtil, bordel de merde !
mercredi 8 août 2012
On ne s'improvise pas spécialiste
Aujourd’hui : le Professeur Ponchau propose aux
locales ses services comme spécialiste/analyste
Chers Amis amies amis
amies,
Aujourd’hui, le Professeur
Ponchau a lu un article fort intéressant consacré au bénéfice des entreprises
du Bel 20. Bel 20, ce n’est pas le cri d’un maraicher picard particulièrement
satisfait de son chiffre d’affaires au marché du samedi matin, mais bien la
liste des 20 plus grandes valeurs de la Bourse de Bruxelles.
L’article envisage l’avenir
du marché belge. Et comme de bien entendu, on interroge « un spécialiste
des actions belges ». Qui nous déclare : « Tout dépendra de l’évolution
de l’environnement macro-économique ».
Du coup, le Professeur
Ponchau se verrait bien spécialiste de tout et n’importe quoi pour vous aider à
faire passer des vérités désagréables, ce qui n’a pas grand sens
électoralement, mais est quand même le thème central de cette rubrique. Vous
pouvez l’inviter pour des causeries, des apéritifs dînatoires conférences ou
encore simplement pour servir de caution scientifique à votre unique toutes-boîtes de la campagne, vu que vos budgets ont quand même leur limite.
Quelques propositions ?
« Si la fin du monde survient, j’estime que la Belgique
a relativement peu de chances de s’en sortir. »
« Si tous les autres jouent comme des clinches,
même les bonnes performances de Vincent Company ne pourront qualifier la Belgique
pour le Brésil. » (Beaucoup d'électeurs aiment le sport, surtout celui que pratiquent les autres)
« Guérir d’un rhume t’est de peu de réconfort aux
soins palliatifs » (pour
si jamais vous évoquez la politique de la santé)
«T’émerveiller d’un papillon multicolore n’est d’aucun
intérêt s’il est entouré de frelons asiatiques ».
« On remarquera que malgré les discours
pessimistes d’écologistes en quête d’électorat angoissé, il y a quand même 3%
de la surface du Groenland qui est gelée».
Interrogeons un
spécialiste à propos la phrase précédente :
« Personnellement, j’aurais écrit « qui sont gélés ». Mais ça
reste à vérifier, vous me permettrez de rester prudent ».
Fastoche, hein ?
Mes services sont bien sûr gratuits. Pour le moment.
Car quand le
Professeur Ponchau sera grand, il fera consultant
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