vendredi 1 juillet 2016

Transhumance

Deux événements ce jour.

Xanax du peuple. Une semaine après le Brexit, va-t-on revivre l'adieu à Lille?

Météo exécrable. C'est con, j'ai payé. 

Juillet. Le mois où souvent, les parlementaires travaillent le plus. Les gouvernements aussi.

Le 17 juillet 2013, pas moins de 25 lois furent votées. Dans la sémantique socialiste, certaines de ces mesures qu'on qualifiait à l'époque de "budgétaires" seraient qualifiées aujourd'hui "d'austérité". 

En juillet 2015, Daniel l'anaconda faisait voter le texte qu'on préfère sur ce blog. La loi "67 ans".

Théo Francken a une idée pour occuper son mois de juillet 2016.  Fouiller les GSM, ordis, pages Facebook... 

Son complice Freddy Roosemont, Directeur de l'Office des étrangers, la résume magnifiquement : "Quelqu'un peut prétendre avoir été emprisonné à Bagdad et  avoir posté une photo de lui à la plage".

Vouloir passer de la plage à la pluie. Sont vraiment pas comme nous, ces gens...











mardi 21 juin 2016

Bon sang ne saurait mentir (Charlot épisode 10)


21 juin. Il pleut. 

Ce matin, un déséquilibré portant une fausse ceinture d'explosifs a évité à notre brave Charlot d'être la première illustration de son opération "Stop aux mensonges", dont le lancement était programmé sur Bel-RTL.

Affirmer "Stop aux mensonges", dans un contexte politique classique, c'est en effet par définition mensonger. Car le mensonge est une notion étrangère à l'exercice coutumier de la politique.  

Charlot devrait le savoir mieux que quiconque: s'il a affirmé un jour qu'il ne s'allierait jamais à la NVA, ce n'est pas un mensonge, c'est une vérité d'hier qui n'est plus celle d'aujourd'hui. 

La formation d'un gouvernement, dans le système proportionnel, c'est la pilule du lendemain des saillies électorales.

Cette confusion ne date pas d'hier. "L'art du mensonge politique" date de 1733. Et par une amusante mise en abyme, cet ouvrage sous-titré "Le mentir vrai" a été faussement attribué à Jonathan Swift. 

"Le moyen le plus propre et le plus efficace de détruire un mensonge est de lui opposer un autre mensonge". Cette formule serait bien sûr terrifiante si elle correspondait à la réalité. Particulièrement en politique.

Elle impliquerait que la vérité des urnes, qui est intangible en démocratie, repose entre autres sur le mensonge.  

Premier jour de l'été. Il pleut. 








jeudi 9 juin 2016

L'ancistrus dolichopterus et l'eunuque décapité


Expérience très éprouvante, à 7h50 ce 9 juin 2016, à l'écoute de Matin Première : se reconnaître dans des phrases de Rudy Demotte. Et en plus, ce n'est pas la première fois...

Il faut bien concéder à cet homme un don de communication hors du commun. Rudy a un côté "poisson laveur de vitre", il avale les paroles des autres, les digère et voilà qu'elles ressortent comme éclaircies. Ce matin, sur le couplet "régionalisation de l'enseignement et de la culture", ce qu'il a dit était limpide. Diviser un ensemble déjà petit, c'est l'affaiblir. Il n'a pas dit ça comme ça, Rudy fait de la com grand public high class, c'est sa force, il l'a dit plus simplement, via l'illustration. Des profs ou des diplômes différents à Bruxelles et en Wallonie, c'est tellement absurde que ça parle directement.

 Régionaliser l'enseignement et la culture, c'est une idée "eunuque décapité" qui revient tellement régulièrement, au PS comme ailleurs, qu'elle finira bien un jour par se concrétiser. Sans que peut-être tous ses chantres et leurs auditeurs ne se rendent compte eux-mêmes d'une de ses implications ultimes, outre ce côté village de Schtroumphs traversé par un mur de Berlin : la régionalisation de ces deux matières est une idée "after Belgium". Ce n'est pas très original comme analyse. Dissocier Bruxelles et la Wallonie sur leurs fondements francophones, c'est sectionner un des derniers cordons qui tient ce pays uni par défaut. 

"Bruxelles région autonome bilingue", épitaphe en filigrane sur la tombe du pays. Et peu importe le statut institutionnel de ladite région.

Comme Paul M est tout sauf un imbécile, on peut supposer qu'il se place, avec une partie du PS, dans une Wallonie après-belge dominée par son parti...

Et comme on sait aussi que le PS adore les faux débats internes orchestrés par l'arbitre suprême quand il veut pouvoir tout dire et son contraire, il y a de quoi avoir peur pour les francophones de ce pays. Le laveur de vitre l'a dit, ce matin : Elio est au-dessus... Sans doute est-ce lui qu'il faudrait implorer de ne pas commettre l'irréparable... En appeler à sa sagesse... parfois, avec ces gars que leur pouvoir rend fous, ça marche...

Tiens, à propos, l'ancistrus dolichopterus est détesté par les vrais amateurs de poissons d'aquarium. Il est vendu comme laveur de vitre, mais il ne lave rien du tout.  

  

dimanche 5 juin 2016

Sunday beauty sunday

M'avoir fait découvrir le marché de Wazemmes mérite une reconnaissance éternelle jusqu'à ce que ma mort s'ensuive. 

Dimanche brouillardeux de ce côté de la frontière, voilà que le ciel s'éclaire au passage de l'ancienne douane, et que plus l'autoroute nous rapproche de ce quartier de Lille, plus la température fait ouvrir les fenêtres. Il faut se garer loin, tout sent la pisse sur les trottoirs que l'on emprunte, mais quelques odeurs de kebab tempèrent et des mendiantes vous sourient même si vous leur glissez un bonjour plutôt qu'une pièce. 

Wazemmes, c'est le marché du midi... en plus coloré, en plus foisonnant, en plus compact. Il n'y a pas que les marchands qui sont en grande majorité maghrébins, les clients aussi. A Wazemmes, on frôle, on se presse, on bouscule et on est bousculé par des dames voilées qui toujours s'excusent. Les vendeurs de chaussures s'agenouillent devant la petite fille qu'ils appellent "princesse", pour lui enfiler la sandalette magique à 10 €, en souriant parce que vous avez refusé la godasse à paillettes qu'ils proposaient pour choisir un modèle plus sobre. 

A Wazemmes, on achète complice des fruits ou des légumes qui s'encourront tout seuls si on ne les consomme pas sitôt rentrés. Des chemises dont les boutons s'envoleront à la première toux, des piles Duracell reniées par la marque et des économes à 1 € qui rendront l'âme à la première patate. 

Wazemmes, c'est les vacances et le dépaysement à 20 kilomètres, ceux qui ne prennent plus l'avion pour la bonne conscience apprécient.

Après le marché, à cent mètres, il y a un restaurant chinois extraordinaire, La villa de Tsing Tao, sans rire, le meilleur que je connaisse. Le garçon qui accueille rayonne, il est le fils du patron chinois et de sa femme française, il vous repaît des descriptions des plats qu'il déposera devant vous tantôt. 

Le métissage est source de beauté.

Son père, le cuisinier, sourit tout le temps et à la fin du repas, offre à la petite fille un stylo bille aux couleurs de sa robe. Sans doute beaucoup de cuisiniers belges dans des restaurants belges en Chine en font-ils autant. 

Pendant ce temps, sur la place, des familles Roms quémandent quelques légumes et fruits invendus. Les Roms, ce sont un peu des Cheyennes dénaturés par des siècles de regards haineux, ils communient avec les poules des sédentaires en leur tordant le cou. Ils vivent le long de l'autoroute, dans des bidonvilles hallucinants et glauques. Les jupes de leurs femmes pétillent de couleurs. 

C'est tout cela, le marché de Wazemmes.

Vendredi dernier, pendant que Goblet nous distrait, le Gouvernement belge a approuvé la proposition de Théo Francken de supprimer 10 000 places d'accueil pour des demandeurs d'asile.




     

mardi 31 mai 2016

La nostalgie, Camarade


En 1990, le monde enseignant est entré en ébullition. J'étais enseignant.

C'est Yvan Ylieff qui était ministre de l'enseignement. Injustice notoire, Yvan Ylieff n'a droit qu'à trois lignes sur Wikipedia, ce qui a au moins le mérite de prouver que ce n'est pas lui qui les a écrites. Il vit encore. On ajoutera sûrement quelques lignes à sa mort.

En 1989, il y a eu une super réforme de l'Etat, la communautarisation de l'enseignement. Les socialistes en étaient. Ils étaient même des moteurs. Quelques mois après, ils se rendent compte qu'ils se sont faits entuber jusqu'à l'os. Dans des cas pareils, il faut trouver des martyrs. Martyr, c'est quand  ton ambition démesurée combinée à une analyse du monde plus limitée que tu ne le croyais fait dire à ton président de parti que tu es l'homme de la situation. Tu finis avec trois lignes sur Wikipedia alors que tu t'es farci presque six mois de grève.

Nous, enseignants, on n'a jamais été aussi beaux que durant ces mois-là. On faisait des piquets tournants, pour pouvoir faire grève sans perdre de sous, alors qu'on tordait dans tous les sens le droit de grève. On buvait le café tous les matins devant le faux piquet en se prenant pour des héros. Tous les bourges nous détestaient. Tous ces putains de riches qui s'imaginent que leur blé est dû à leur mérite, ce qui n'est vrai que dans 1 cas sur 10 et par beau temps, et nous, plutôt que de nous faire les maillons passifs d'un système au fond dégueulasse, on a pour une fois gueulé très fort avec les délaissés de la société qu'on opprime d'habitude.

Des amours sont nés sur ces piquets, ils furent intenses et éphémères.

En 1990, quand on me parlait de la grande grève de l'hiver de 60-61, je ne m'imaginais même pas que j'étais déjà vivant quand ça se passait.

Si Goblet est l'empereur de la connerie, ainsi que pas mal de ses valets et faux amis, beaucoup de ceux qui le suivent n'ont droit qu'à du respect. Un gouvernement humaniste ne leur enfoncerait pas la tête sous l'eau.

Mémoire et tolérance, cela va bien ensemble.

Et caramba, c'est encore Raoul qui cause dans le poste...










dimanche 29 mai 2016

Front populaire ou anus horribilis?


Mardi dernier, 3 hommes politiques débattaient.

Le lendemain matin, sur son  site, RTL titrait:

Rapprochement idéologique entre PS, Ecolo et PTB: "Faisons des majorités rouge-rouge-vert là où c'est possible"

Fidèle à son patronyme, Magnette y est allé d'une phrase solennelle: "Il faut reposer la question de la contrainte, oser dire non à l'Europe et pour la gauche". 

Et notre désormais grand ami Raoul, qui est décidément un passionné d'histoire, d'en appeler à la "mobilisation via un nouveau front populaire". Si ça marche "on ouvrira les débats".

Faisons un peu d'histoire, dès lors.

De l'histoire proche d'abord. Septembre 2002: signature des convergences de gauche. Une arnaque politique mémorable, la grenouille qui se prenait pour un boeuf et qui s'est fait bouffer les cuisses par l'ogre rouge. Avec de l'aïe.

De l'histoire plus ancienne. 1936. Le Front populaire, il faut le rappeler, c'est une alliance de circonstances entre 3 partis : le SFIO, les socialistes de Léon Blum. Le parti radical qui, comme son nom ne l'indique pas, n'est pas de gauche, mais trouve son électorat dans les classes moyennes. Les communistes de Maurice Thorez.

C'est un malin, le stalinien Thorez. C'est lui qui suggère que socialistes et radicaux s'allient, avec sa bénédiction...mais pas sa participation. Lui, pour ne pas se salir les mains avec des "partis bourgeois", va les soutenir de l'extérieur. 

Raoul fait plus que connaître l'histoire...il veut la répéter.

Popol, lui, a retenu surtout la manchette du Populaire du 4 mai 1936.

Des radicaux, il faut retenir que cette alliance leur valut une sacrée défaite électorale, ce qui les fit monter affaiblis dans l'attelage du Front populaire. La comparaison avec notre présent cas de figure s'arrête là : à dissoudre son identité dans de fausses alliances, on y perd la voix, sinon l'âme.

Mais allons au bout de notre manuel d'histoire : en 36, les travailleurs obtiennent deux semaines de congés payés.

En septembre 1939, ça passe à 9 mois. Sur la ligne Maginot. 






jeudi 26 mai 2016

Coule Raoul ! (ou la stratégie du KO)


Prenons deux messages postés par Raoul sur son compte Facebook:

26 mai 2016 vers 8 heures

Des grèves spontanées sont parties ce 25 mai de nombreux ateliers de la SNCB : Malines, Merelbeke (Gand), Ostende, hasselt, Kinkempois, Cuesmes, Salzinnes, Forest et Schaerbeek. C'est un mouvement très large tant en Flandre qu'en Wallonie et à Bruxelles.

25 mai 2016 vers 19 heures

Aux 157 personnes devenues membres du PTB hier pendant la manifestation syndicale contre la loi Peeters, je voudrais vous souhaiter plus que la bienvenue dans le parti de la lutte et des travailleurs.


Prenons également deux citations d'Ernesto Che Guevara:

"Permettez-moi de dire, au risque de paraître ridicule, que le vrai révolutionnaire est guidé par de grands sentiments d'amour. Il est impossible d'imaginer un révolutionnaire authentique sans cette qualité. Peut-être est-ce là un des grands drames du dirigeant. Il doit allier à un tempérament passionné une froide intelligence et prendre de douloureuses décisions sans que se contracte un seul de ses muscles."

"Ce serait une erreur impardonnable que de sous estimer ce que peut apporter un programme révolutionnaire par un processus électoral donné. Mais il serait également impardonnable de ne penser qu'aux élections et de négliger les autres formes de lutte."

Il y a un point commun entre Raoul, les membres de son parti et ceux qu'il essaye de séduire : ils ont tous eu un jour un poster du Che sur les murs de leur chambre.

Mais Raoul, lui, il l'a lu.

De la première à la dernière ligne.

"Ecoute, les révolutions sont moches, mais nécessaires, et une partie du processus révolutionnaire est l'injustice au service de la future justice."

Tiens, on me dit que les trains roulent en Flandre. C'est dingue.



mardi 24 mai 2016

Les tribulations du chinois en Schyns



Pour Marie-Martine, la réforme des pensions de Daniel Bacquelaine, c'est du chinois!

Prenons ses déclarations du 2 mai dernier, à l'issue d'une réunion avec Daniel et les autres Ministres de l'enseignement à propos des pensions des enseignants :

"La réunion a été constructive"
"La Ministre francophone de l'Enseignement a rappelé à son collègue du fédéral qu'elle serait particulièrement attentive à ce que le calcul des pensions n'implique pas de réduction de ce qui a déjà été obtenu".
"Il y a un espace de discussion", s'est réjoui la ministre.

Prenons en comparaison ce qu'elle répond à une question parlementaire sur le sujet le 17 mai dernier:

"Effectivement cette réforme des pensions, étape par étape et couche par couche, pose problème."
"En tant que ministres de l'Education, nous avons tous les trois indiqué au ministre des Pensions que les mesures déjà prises -relèvement à 63 ans de l'âge de la pension anticipée et à 67 ans de l'âge de la pension; durcissement progressif des conditions de carrière; réduction de la valorisation de 1,09 à 1,05 des années prestées pour l'ouverture du droit à la pension- étaient très défavorables pour les enseignants."

Tudieu, la quinzaine a dû être rude, entre le 2 et le 17, pour engendrer un pareil contraste. Dépression? Prise de conscience tardive? Manipulation du discours?

Un peu des trois, sans aucun doute.

Cruel constat : le mal est déjà fait, en grande partie... Joëlle, je sens que tu vas devoir te nouer une casserole supplémentaire aux guibolles.

Ensuite, c'est compliqué, ce dossier, surtout pour une ministre re-débutante. On vous passe les détails techniques qui ennuient tout le monde, mais sa réponse du 17 mai, à Marie-Martine, derrière cette lucidité retrouvée, c'est confusion des notions, erreurs de logiques, approximation temporelle. Difficile apprentissage, surtout que le Professeur Bacquelaine, c'est l'anti-pédagogue personnifié, comment en savoir moins après le cours qu'avant.

Enfin...ben oui... Marie-Martine. Les pratiques ancestrales de son parti (les pratiques de son parti ancestral, ça marche aussi) ont forcément déteint sur elle. On ne dit pas la même chose dans un communiqué public et dans une réponse à une question parlementaire dont seuls celle qui a posé la question et l'un ou l'autre journaliste en tout tout début de carrière auront pris connaissance. 

"Diablesse en collant rose", la Ma-Ma? 

Vous savez où elle était, le jour, en 2012, où a été votée au parlement fédéral une des dispositions  "très défavorable aux enseignants" dont elle parle dans sa réponse, la "réduction de la valorisation de 1,09 à 1,05 des années prestées pour l'ouverture du droit à la pension" ? Assise sur une chaise, en ce même lieu. Elle poussait sur un bouton. 

Allez, tu re-débutes, Marie-Martine, bénéfice du doute! Maîtrise un peu ton dossier, ne prends pas tes administrés pour des crabes, et surtout, méfie-toi du cobra Daniel B. Cette fois, tu t'es fait enfumer. A la prochaine réunion, ça pourrait être pire! 





  









 







samedi 21 mai 2016

Tornado s'est mué en caniche-nain (Zorro-Charlot suite épidode 9)


Pas mal essayé.

"La Belgique n'est pas un failed state. La Belgique, c'est une grande démocratie. La Belgique,  c'est un état de droit". Costard Homme d'Etat (branché en plus, déliquescence, ça aurait fait Armand De Decker).  

'"Je regrette que l'expression "Etat voyou" abîme l'image de la Belgique".
Belle inversion cause-conséquence, avec détournement de l'objectif (au sens photographique du terme) sur les "fauteurs de trouble".

"Cela abîme l'image de la Belgique et c'est cela qui me rend triste". Si c'est pas Bambi, c'est Dumbo.

Alliance verbale subtile avec Bart: ce sont bien les wallons, hein, mais juste une minorité pervertie.

Dégât collatéral: renforcement des cousins brouillés qui, aux repas de communion, s'asseyent chacun à un bout de table : Filip et Raoul.

Proposition d'utilisation des 4 millions d'Euros: 1,9 million à Eden Hazard, 1,9 million à Kevin De Bruyne, pour qu'ils portent un tee-shirt "Belgium is beautiful" en-dessous de leur maillot et le soulèvent à chaque fois qu'ils marquent. Consacrer le reliquat de  0,2 million à l'organisation d'un match amical Belgique-Endorre.

Pas mal essayé.

Purée, ce premier ministre, on peut dire qu'il a des Koen.




jeudi 19 mai 2016

Le retour triomphant annoncé de Zorro-Charlot (épisode 8)


Faut arrêter de se mettre dans la tête que Charlot est dans les cordes.

Prenons trois hypothèses:

1. Charlot est abattu, courbatu, combattu et il se cache dans le placard de son bureau;
2. Charlot est affaibli au sein du MR, et les crocodiles Didier R et son pote Daniel B sont en train de reprendre le leadership;
3. Charlot attend son heure, il laisse Geens et le CD&V prendre les claques comme Valls en son temps, sauf qu'on peut supposer que le moteur de Geens est davantage le sens du devoir qu'une ambition démesurée. Mais le résultat est le même, le bouclier fonctionne.

Dans les trois cas (y en a peut-être d'autres), Charlot n'a rien d'autre à faire que de rester dans les coulisses.

Et en se faisant tout petit, il laisse le temps que même les ultradroitistes flamingants finissent par feindre l'empathie pour les détenus wallons, il affaiblit l'adversaire en nourrissant son excès de confiance et il s'attire même la sympathie, sinon la compassion que les losers suscitent immanquablement chez une partie du public, celle qui pleure en regardant Bambi.

Dans les trois cas, Charlot n'a de toute façon pas d'autre choix que de surgir au bon moment hors de la nuit... sans courir vers l'aventure au galop...tranquille... Homme d'Etat. Comme lors de la conférence de presse après-attentats où il a éclipsé Hollande.

Je mise sur l'hypothèse 3. Mais même si elle n'est pas correcte, c'est face à celle-là qu'il faut s'attendre à devoir réagir. 

Mieux vaut surestimer son adversaire que le sous-estimer. C'est une des clefs du combat politique. De sorte que, comme aux échecs, on se garde en magasin un, sinon deux coups d'avance. Le combat politique, au niveau stratégique, ce n'est pas seulement demain, c'est aussi après-demain. Et au niveau des convictions, c'est un futur qui n'adviendra jamais.

Encore faut-il estimer légitime le combat politique, bien sûr.